Les Enjeux

Les enjeux de la Pyrogazéification

Les procédés de pyrolyse/gazéification se placent au cœur de trois grandes problématiques actuelles et expliquent le fort regain d’intérêt pour ces technologies :

  • Lutter contre les pollutions et mieux gérer les déchets résiduels dans le cadre d’un modèle d’économie circulaire. La volonté affirmée de réduire l’enfouissement va ainsi développer les opérations de tri en vue de la valorisation matière, ce qui va générer une augmentation significative du gisement des refus de tri à pouvoir calorifique élevé, qu’il sera judicieux d’orienter vers une valorisation énergétique optimisée.
  • Disposer d’une énergie non intermittente, plus sûre sur le plan géopolitique que les énergies fossiles, et à un prix abordable et stable. La production de composés énergétiques à partir de ressources locales permettra d’améliorer l’indépendance énergétique de la France tout en diminuant les impacts de la volatilité des prix.
  • Produire une énergie renouvelable, notamment à partir des ressources biomasses non alimentaires. Ainsi, les biomasses ligno-cellulosiques sont difficilement méthanisables mais se prêtent parfaitement bien à la pyrolyse/gazéification pour la production par exemple de biocarburants de 2e génération.

En 2013 GrDF a examiné dans le cadre d’une étude approfondie le potentiel de production de biométhane par gazéification en tenant compte des usages actuels des ressources et des conditions technico-économiques d’exploitation. La conclusion de l’étude est la suivante : « Le potentiel technique de production de biométhane 2G [via gazéification], pour 2020 et 2050 varie de 100 à un maximum de 250 TWh/an selon le scénario envisagé […]. Ce potentiel est à comparer aux 400 TWh consommés en 2011 en gaz naturel sur le territoire français et confirme l’intérêt de la filière au regard des objectifs du Grenelle de l’Environnement. L’étude montre également que ce potentiel significatif a pu être atteint en raison de la flexibilité des technologies et du rendement élevé dont bénéficie la filière. »
En effet, ces procédés se prêtent plus facilement à des installations de petites et moyennes capacités (quelques milliers ou dizaines de milliers de tonnes par an), plus facile à intégrer localement, à proximité des gisements de déchets et/ou de biomasse (souvent peu denses en terme d’énergie par m3, et donc plus chers à transporter), ceci leur permettant d’être en meilleure adéquation avec les besoins des industriels à l’échelle du territoire dans le cadre du développement d’une économie circulaire.
Sur le plan environnemental et à partir des études menées par GrDF, le développement des technologies de pyrolyse/gazéification représente un enjeu d’environ 3% de l’effort national de réduction des gaz à effet de serre  par rapport aux objectifs 2020 du projet de loi de transition énergétique et pour la croissance verte, et de 7,6% par rapport aux objectifs de 2050. De plus ces technologies permettent une meilleure maîtrise des rejets atmosphériques (poussières, dioxines,…).