Etude ANCRE – CSR

Les Combustibles Solides de Récupération (CSR) : Les verrous techniques, réglementaires, économiques et sociétaux de la filière en France.

Cette étude « ANCRE » (Alliance Nationale de Coordination de la Recherche pour l’Energie) date de juin 2018 ; elle est assez largement passée « sous les radars » ; c’est dommage car comme je l’ai précisé dans mon intervention lors des assises de la pyrogazéification à Rennes les 26 et 27 septembre deniers : elle ne manque pas d’intérêt !
Ce travail important (171 pages) a pour objet de chercher à identifier les verrous techniques, réglementaires, sociétaux et économiques qui bloquent actuellement l’émergence d’une valorisation énergétiques des CSR – déchets dont l’importance dans la transition énergétique me semble indéniable.
Le travail est complété par une étude de cas.

La problématique des CSR en France

Partant du principe (inscrit dans la LTECV – Loi de Transition Energétique pour une Croissance Verte) que la part de déchets enfouis doit être réduite de 50% d’ici 2025 (versus 2010), la production de CSR constitue un levier très important pour atteindre ces objectifs en particulier pour le flux OMr. C’est de mon point de vue incontournable et prépondérant, la valorisation des CSR issus de ce flux me semble tout aussi important que la valorisation de la FFOM ou des biodéchets qui monopolise pourtant l’espace médiatique et les discussions techniques autour des projets à venir en matière de traitement des déchets.
Si les déchets des entreprises (DAE) font déjà l’objet d’une production largement fléchée vers la production de CSR, il en est tout autrement des OM qui représentent pourtant 31 Mt de déchets collectés en France.
Les chiffres communément admis en matière de CSR sont une production actuelle de 700 000 t/an – la valorisation majoritaire en France reste à l’heure actuelle la co-incinération des cimenteries (150 000 t/an) sachant que :

  • la production potentielle est estimée à 2,5 Mt/an ! – et elle reste selon moi assez nettement sous-estimée ;
  • nos voisins allemands en valorisent d’ores et déjà  5 Mt/an !

Ces chiffres sont étonnants (1) ; l’étude dans sa première apporte un certain nombres d’éclairages pour expliquer cette situation.

Première partie – « biblio »

Elle y détaille ce qu’est un CSR, puis les gisements  – et j’ai pour ma part apprécié que soit inclus la contribution potentielle des TMB dans le dispositif – les utilisateurs actuels et potentiels de CSR, et la chaîne de valeur associée.
L’étude fait un rappel de la réglementation en vigueur à ce sujet – avec un benchmark européen – tant du point de vue de la production de CSR que de sa valorisation.
L’étude rappelle ensuite les différentes technologies de valorisation des CSR avec quelques clefs comparatives.

Seconde partie – étude de cas territoriale et analyse économique

Cette partie est une étude de cas de ce que pourrait être la valorisation des CSR à l’échelle d’un territoire constitué par l’Ain, la Drôme, l’Isère, la Loire et le Rhône.
Cette seconde partie se conclue par une analyse économique de la filière CSR.

En résumé

Cette étude de 171 pages mérite d’être lue et d’être mieux connue, sa partie bibliographique permet une excellente première approche de la problématique CSR – les experts pourraient rester sur leur faim mais la grande majorité des lecteurs y trouveront nombres d’informations intéressantes.

Les parti-pris de la seconde partie peuvent être sujets à discussion. C’est là aussi – au-delà de la simple critique – l’intérêt de cette partie de l’étude : poser des hypothèses qui peuvent être débattus pour poursuivre la réflexion, affiner les modèles. Le Club s’est proposé de contribuer avec ANCRE à poursuivre les travaux en ce sens – et nous espérons que ces travaux en amèneront d’autres.

Les auteurs – La diffusion de l’étude

Le Club a obtenu l’autorisation d’hébergement et de diffusion de ces documents pour ses seules adhérents. Ils sont donc disponibles dans notre espace téléchargement – et seuls les membres « contributeurs » y ont accès (là les explications).
Le Club (et moi en particulier) tient à remercier les membres de l’IFPEN (et à Thierry Gauthier particulièrement) à ce sujet.

Les 10 premières page de l’étude dont la table des matières sont téléchargeable là.

Rien n’empêche le lecteur de se rapprocher des auteurs de l’étude :

  • COUSSY Paula (IFPEN)
  • DUMAS Cécile (IFPEN)
  • MARICAR-PICHON Michèle (IFPEN)
  • MAUVIEL Guillain (CNRS, LRGP – Nancy)
  • PHAM MINH Doan (ENS Mines d’Albi-Carmaux)
  • SABATHIER Jérôme (IFPEN)
  • ZDANEVITCH Isabelle (INERIS)

et consulter le site de l’ANCRE

(1) rappelés dans l’étude et sans doute issus d’une note qui posait alors déjà ce constat il y a 5 ans : Note stratégique CSR élaborée par le GT CSR du COSEI VID – 5 juin 2014

Merci à Marie-Françoise Chabrélie (ifpen) pour sa relecture de l’article.

Téléchargement :

Libre accès :

  • Les dix premières page de l’étude dont la table des matières – lien
  • Programme du colloque du 20 juin 2018 – lien
  • Présentation de l’ANCRE et des études déjà publiées – lien

Etude complète : en page réservée adhérent – lien